Témoignage de Marouane

Ancien bénéficiaire Thermos

 À Thermos, derrière chaque repas servi et chaque nuit à l’abri, il y a des rencontres, des histoires et parfois des chemins qui se reconstruisent. Grâce à l’engagement des bénévoles et de l’équipe, certaines personnes peuvent peu à peu reprendre pied et envisager un nouveau départ. 

Marouane (prénom d’emprunt), ancien bénéficiaire de Thermos, poursuit aujourd’hui son parcours dans un centre de soins spécialisé. Il a accepté de revenir sur son histoire et sur le rôle que l’accueil et l’accompagnement à Thermos ont joué dans sa reconstruction. 

Gabriel et Nadine sont allés à sa rencontre et vous proposent ce témoignage porteur d’espoir :

Gabriel : Avant d’arriver chez Thermos, quelle était ta situation ? 

Marouane : C’était l’enfer. Depuis plusieurs années, j’étais dans la rue. Je faisais des bêtises, je n’avais plus de but dans la vie, plus d’objectifs. Je passais mes journées à errer dans la rue, sans rien faire de positif. 

Comme tu le sais, je dormais plus bas dans la rue Chevaufosse, sur des matelas au sol, en plein hiver. Je passais mes sept nuits à Thermos quand c’était possible, puis je retournais dormir dehors. 

J’étais au plus bas dans ma vie. D’ailleurs Léa le sait : à un moment, je voulais en finir. Je ne voyais plus le bout du tunnel. 

Puis l’équipe m’a proposé d’intégrer un lit projet et de faire les démarches nécessaires pour sortir de cette situation. J’ai été très touché que Gabriel me fasse confiance. Et je me suis dit que je ne pouvais pas trahir cette confiance. 

Gabriel : Comment avais-tu connu Thermos ? 

Marouane : Je ne me souviens plus exactement. Quand on est dans la rue depuis longtemps, on finit par connaître les endroits comme Thermos. Malheureusement, cela faisait déjà longtemps que je fréquentais les dispositifs d’aide.

Gabriel : Qu’est-ce que Thermos t’a apporté ? 

Marouane : Je n’ai pas assez de mots pour expliquer ce que Thermos m’a apporté. 

Les bénévoles, l’équipe… Gabriel, Nadine… tout ce que vous avez fait pour moi, je ne l’oublierai jamais. 

Quand mon projet s’est mis en route, j’ai pu rester plus longtemps que les sept nuits habituelles, et Gabriel a commencé à assurer mon suivi social. Il m’a parlé d’une possibilité d’entrer dans une maison de soins, mais au début j’étais très craintif. 

Les bénévoles et les éducateurs m’ont soutenu tous les soirs. Ils m’encourageaient à ne pas abandonner le projet. C’est grâce à eux que j’ai tenu. 

Quand la place s’est libérée, Gabriel est même venu me conduire lui-même en voiture jusqu’au centre. Ce geste m’a énormément touché. 

Honnêtement, je ne peux pas résumer tout ce que Thermos a fait pour moi. 

Gabriel : Y a-t-il un moment qui t’a particulièrement marqué ? 

Marouane : Il y en a plusieurs. 

Je me souviens notamment de Nadine, qui venait régulièrement prendre de mes nouvelles quand je dormais encore dans la rue. Elle m’encourageait à venir à Thermos. Parfois je n’avais plus de nuits disponibles, parfois c’était complet, mais elle me disait toujours : « Viens voir Gabriel, on va essayer de trouver une solution ». 

Je n’ai pas de préférence dans l’équipe, mais j’ai un lien particulier avec Léa. Un jour elle m’a aidé alors que j’étais au plus bas. Je ne l’oublierai jamais. 

Gabriel : Comment s’est passée ton arrivée dans le centre de soins ?

Marouane : Au début, c’était très difficile. Je me réveillais la nuit en criant, je faisais des cauchemars. 

Et puis j’ai appris une nouvelle très dure : mon frère est décédé. Ça m’a complètement bouleversé. Je ne savais plus quoi faire, je me demandais même si je devais quitter le centre. 

J’ai beaucoup pleuré. Et je pleure encore aujourd’hui. Je n’ai pas encore fait le deuil de mon frère. 

Mais malgré tout, j’essaie d’avancer. J’ai fait la paix avec moi-même, et aussi avec Dieu. 

Aujourd’hui je me sens différent. Je suis plus en paix, et cela faisait longtemps que ce n’était plus arrivé. 

La vie ici m’aide beaucoup. Je fais du sport, des activités, et je passe beaucoup de temps à la bibliothèque. Je lis énormément. 

Nous n’avons pas le droit d’avoir nos téléphones en dehors des chambres, et finalement c’est très libérateur. Je prends le temps de lire, de réfléchir, de faire autre chose. 

Gabriel : Cette étape représente quoi pour toi ? 

Marouane : C’est une étape très importante, mais qui me fait aussi un peu peur. 

Après ce centre, il y aura normalement un logement privé. Et là, il faudra vraiment que je me prenne en main. Ça m’inquiète, mais je vais essayer de faire face. 

Gabriel : Comment vois-tu la suite ?

Marouane : J’essaie de vivre un jour à la fois. Je ne regarde pas trop loin. 

Mais une chose est sûre : un jour, j’aimerais rendre ce que j’ai reçu. J’aimerais m’engager dans le bénévolat et aider d’autres personnes. 

Quand on voit tout ce qui se passe dans le monde, les guerres, les violences… on peut croire qu’il n’y a plus de bonté. Mais moi je sais que les bonnes personnes existent. Je les ai rencontrées. 

Et j’aimerais, moi aussi, pouvoir aider les autres un jour. 

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